samedi 3 mai 1997, par ViaraTimcheva
1997
On vient d’accompagner Dimi à la gare, elle rentre en Bulgarie, et on est tristes.
Robert : - Oh, elle reviendra l’année prochaine.
Moi : - Quelle année prochaine ?
Robert : - Il n’y a qu’une année prochaine !
Moi : - Mais l’année prochaine qui vient maintenant ?
Robert : - Non, l’année prochaine qui vient dans dix ans.
Robert voit la couverture d’une de mes cassettes, et paraît surpris.
Moi : - Je l’ai faite quand j’étais petite.
Robert : - Là, déjà, tu avais des goûts morbides.
Marc veut être gentleman : - Viara, tu as froid ? Tu veux le châle de David ?
Jeu de « Pictionnary ». Colin essaie de faire deviner à David un mot, il s’énerve et fait des mimiques horribles.
Robert : - David, regarde sa tête, et tu devineras !
David examine Colin : - Idiot ?
Robert : - Je bois beaucoup d’eau, ça retarde le vieillissement de la peau.
Moi : - On dirait que ça ne marche pas.
Avec émotion, Robert demande son ami Arnaud s’il a aimé sa nouvelle découverte, « Dead Can Dance ».
Arnaud : - Je ne suis pas encore arrivé à ce stade-là.
1998
Voyage dans le Périgord. Je suis montée sur la clôture d’une maison et je prends des photos. La propriétaire sort et s’exclame : - Oh ! Que vous m’avez fait peur !
Marc : - Oui, c’est vrai qu’elle est mal rasée !
Robert devant une boutique de cuir : - D’après vous, est-ce un sac pour les femmes ou pour les hommes ?
Marc (après réflexion) : - Moi, je dirai un sac de pédé.
Moi : - T’imagines, tu vas dans les Sables d’Olonne et tu n’y trouves que du sable et du sable…
Robert : - Oh, il y aura l’Olonne aussi.
Moi : - T’as un beau pull.
Arnaud (avec suspicion) : - Tu le veux, c’est ça ?
Je raconte à Robert la blague avec les Chinois qui baptisent leurs enfants selon le son que font les assiettes en tombant par terre et en se cassant.
Moi : - Quoique, il n’y a pas beaucoup d’assiettes qui font « Mao » en tombant.
Robert : - A moins qu’elles ne tombent sur un chat.
A la télé, il y a une émission sur Julia Kristeva. Moi : - Maintenant je sais pourquoi tous les critiques littéraires en France sont des Bulgares… Parce que tous les écrivains sont des Roumains !
Cette année, on étudie l’œuvre d’Aragon, Anicet, que je trouve pompeux et prétentieux. J’en ai tellement parlé à Robert dans ces termes qu’un jour il remarque, tout sérieux :
C’est pas par hasard qu’il s’appelle « Aragon ». Cela ressemble beaucoup à « arrogant ».
Robert : - Marc, est-ce que je peux prendre ton pull, ton gilet, ta veste ?
Marc : - C’est un sweet, et il est à mon cousin.
On a surpris Bill Clinton en compagnie d’une stagiaire qui lui faisait une pipe, on en parle à la télé.
Marc : - Bien sûr ! C’est une erreur intolérable !
Moi : - Il l’a tuée après ? Et il l’a mangée ?
Marc : - Encore, s’il l’a mangée, ça peut marcher. Mais s’il l’a tuée juste pour le plaisir…
Marc : - Quelle musique veux-tu écouter, Viara ?
Moi : - Egal.
Marc : - Tu veux pas de musique, alors ?
Moi : - J’ai dit « Egal ».
Marc : - Et moi, j’avais entendu « Ta gueule », et je me disais : « Elle est un peu limite, sa réponse »…
Marc entre dans l’appart, et Robert lui tend un papier qu’il vient de recevoir :
Tu veux une convention obsèques ? (Ensuite il s’adresse à moi) : J’en reçois chaque semaine. Ils veulent ma peau !
Publicité : « Notre bureau se trouve à 2 pas du centre ville et de Rezé ».
Moi : - Comment est-ce possible ?
Robert : - C’est qu’il est très, très grand.
Robert, avec David au téléphone :
Tu ne sais pas ce que c’est qu’un poster ? C’est une affiche écrite…
Moi : - Dis-lui de regarder dans le dictionnaire.
Marc : - A la lettre « p » !
Moi : - Dimi, avec David, vous êtes Verseau tous les deux ?
Marc : - Comment vous faites : deux verso sans recto ?
Robert me raconte les élans philanthropiques de Marc, qui donne régulièrement son sang :
Pauvre Marc ! En récompense de son don de sang, ils veulent prendre aussi sa moelle !
Moi : - C’est Goran Bregovic qui a composé la musique pour « La reine Margot ».
Marc : - Puisque le film raconte les luttes entre catholiques et protestants, ils ont considéré bon d’inclure également les orthodoxes là-dedans.
Le 20/05/1998. Robert manque son avion pour Beyrouth, et à la place on va visiter les égouts de Paris.
Robert (tout content) : - Voilà l’ironie du sort : au lieu de voler dans le ciel, je me suis retrouvé sous la terre !
Marc donne à Tana une disquette. Tana demande : - C’est fragile ?
Marc : - Vaut mieux ne pas te moucher avec.
Laurent : - Allez, Viara, viens danser !
Moi : - Je suis malade, moi.
Laurent : - Alors toi, Didi ! Viens !
Diliana : - Je suis pas malade, moi !
1999, Liban
Dialogue entre Robert et un vendeur de poisson à Jounieh.
Robert : - C’est quoi ?
Le vendeur : - Du poisson.
Robert : - Mais quelle sorte de poisson ?
Le vendeur : - Du filet.
On est allés pêcher à la Perla Playa.
Moi : - Hey, jette pas tes mégots dans la mer ! Tu vas chasser mon poisson.
Robert : - Ça dépend s’il est fumeur ou pas.
Robert est en train de corriger des copies. Il m’explique que s’il attrape un étudiant en train de tricher, il lui enlève 5 points du résultat final. En ce moment, je prends une copie du tas :
Tiens ! Celui-là croit que tu t’appelles « Naïm ».
Robert (menaçant) : - Rien que pour ça, je lui enlèverai 10 points !
1999, Bulgarie
Robert achète des tennis dans un magasin à Berkovitza et les met dès qu’il sort du magasin. Et dès qu’il les met, leur languette tombe.
Robert : - Euh… Est-ce qu’ils vendent des pièces de rechange ?
Moi : - Si le bus s’envole à temps… (Ако автобусът излети навреме…)
Robert s’étend sur un banc devant l’Université de Sofia et fait tomber quelque chose de ses poches.
Moi : - C’étaient des pièces de monnaie.
Robert : - Des pièces de Monnet ? Alors, il faut appeler Dilana.
2000
Моhammed : - Il est nul, ton couteau.
Еlena : - Ah bon ? On verra ça, ce soir !
Mohammed : - Elle est bizarre, la langue arabe. Par exemple, le mot « Rohi » signifie en marocain « Mon âme », alors qu’en égyptien ça veut dire « Dégage ».
Je raconte à Diliana et Laurent le jour où j’ai fait fondre, chez Mme Fouéré, une cuvette en plastique avec le fer à repasser. Ils éclatent de rire.
Moi : - Pourquoi rigolez-vous ? Il y a des jours comme ça. Et des mois comme ça… Et des années comme ça…
Marc a pris la parole et parle depuis une demi heure, mais finalement personne ne comprend ce qu’il a voulu dire.
Marc : - Je me suis égaré un peu…
Emmanuel : - Pas grave, on a compris que tu voulais faire de l’humour.
Paris, septembre. Marc parle au téléphone avec un ami :
Il y a Viara, le témoin du mariage de David, qui est venue aujourd’hui de Bulgarie. Si ça me rappelle son pays ? … Ça me rappelle Nantes, si tu veux savoir.
2001
Je dois faire un stage à Paris, et Marc me cède gentiment son appart pendant qu’il est en vacances en Grèce.
Moi : - J’espère que Marc ne cachera pas des araignées dans son appart lorsque j’y habiterai, rien que pour se venger pour la peur que je lui ai faite en Bulgarie.
Robert : - Mais non, sinon il n’aura pas le courage de rentrer après les vacances.
Elena : - David, t’as pas honte de laisser Dimi si souvent seule ? Elle est quand même enceinte !
David : - Oh, tout à côté il y a Diliana, les voisins…
Elena : - Ben oui, on se demande même pourquoi c’est avec toi qu’elle s’est mariée, alors qu’il y avait Diliana et les voisins !